Tu me dis de le fairee mouènforeu je le fais mouènforeu moi hein

Les gens des langues d’oïl, de Seine et de Paris
vent vif à chaque vogue en viennent à ravir
les syllabes en e de mes quatrains-navires :
mon verbe dans leur verve vire à l’avarie.

Café d’Alexandrins, mes vers si délicats
transformés hendéca par cette prosodie
débordent de ma cale et poète maudit
je hume leur parfum, du moins son reliquat.

Les gens des langues d’oc aux voyelles vivantes
donnent de leur côté part trop belle à mes e.
Leur générosité n’en lit pas un mais deux
et lorsqu’il n’y en a pas parfois me les invente.

Quel peuple pour me lire avec le juste ton
chaleureux sans l’excès méridionalisant
qui trouve au fond du vers ma rime d’artisan ?
Je n’en vois pas ou si ! Peut-être les Bretons.

A.H.